Moi, moi et moi

  • : Le blog de Blanche-neige

Fichu temps qui passe !

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Autoportrait

  • : Blanche-neige
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Ô mâges Ô miens !

Coups de coeur, émotions, anecdotes, des histoires humaines, parfois cocasses, cyniques, affectives, personnelles. Au pôle de la douleur et de la souffrance règne une humanité exclue, à son opposé trônent l'admiration et l'empathie. L'aide est précieuse, vitale, fondamentale.

Un cadre professionnel joint au cadre personnel, quand les deux dimensions ne font qu'une et font ce que nous sommes au plus profond de l'être. "Barrière", "distance" ne sont plus que des mots, un abîme merveilleux dans lequel je me précipite à coeur perdu.

Pouvons-nous fermer une porte et faire s'envoler les confidences et aveux soufflés durant le temps d'une jolie aventure avec l'autre ? pouvons-nous faire de ces tranches de vie de simples souvenirs ? pouvons-nous retranscrire avec exactitude l'inexplicable ?

Je rencontre la misère matérielle, intellectuelle ou culturelle, à l'inverse je touche de près les intelligences non artificielles, cadrées, intenses : l'érudition dans toute sa splendeur. Je suis percutée par la diversité des éducations, des milieux culturels et cette richesse que me nourrit.

Je vois dans les regards figés "la différence" qui exacerbe l'effroi des uns et la curiosité des autres. Je ressens l'incapacité de communiquer avec l'"inconnu", celui qui ne nous ressemble pas. L'indifférence, le jugement, la pitié, la compassion; autant de termes pour justifier ce que la distinction peut engendrer comme facilités d'émotions aux yeux du passant qui fait semblant de s'attarder sur un être singulier, puis, qui s'en va en s'empressant d'oublier ce qu'il vient de voir.

Voici toute une vie, de son origine à l'origine de celle des autres; la rencontre avec moi même. J'ai enfin rendez-vous avec la vie.

Bien la venue dans mon monde et les dédales de leur univers.

Nath

Texte Libre

Keskizondi ?

Texte Libre

Texte Libre


Bon déjà que les choses soient claires, si il y  a bien un  mot que j'abhorre c'est celui ci de toute évidence.
Pour moi le mot "race" n'est approprié que pour les clébards.

Au niveau déontologique, dans ma fonction, je n'ai pas le droit de porter un jugement au niveau religieux, des coutumes et traditions, politique, ou d'émettre des réticences quant à la nationalité ou la couleur de mes bénéficiaires, au niveau de l'éthique nous avons été formatées. En clair je n'ai presque pas le droit d'en parler. Jusque là rien d'illogique ou de déraisonnable.
Mais pourquoi à l'inverse il est stipulé nulle part que nous, professionnelles, n'avons pas à subir la haine de la couleur, l'excécration des nationalités diverses, et la répugnance des autres modes de vie qui font partie de notre pays ou d'ailleurs de la part des bénéficiaires ?

Je sature des petites réflexions jetées ça et là au coeur des conversations qui à la base pourraient être fructueuses (les conversations), qui finissent par me couper la chique (les petites réflexions) en moins de temps qu'il ne faut pour le dire sans avoir le droit de m'exprimer. La frustration, perso, je ne cours pas après. Je suis complètement dépassée.

Que les gens pensent blanc ou noir (...), je respecte leurs points de vue, leurs certitudes, leur positionnement ou leurs convictions, mais je ne vois pas pourquoi ni au nom de quoi je devrais endurer leurs propos totalitaires qu'ils affichent presque en s'imaginant qu'ils ont mon aval. Parce que pour moi, qui ne dit rien consent et comme je dis rien, je ne voudrais pas qu'ils croient qu'ils ont mon approbation. Respecter la déontologie et tout ce que ça implique ne me fait pas me prosterner devant des insinuations odieuses auxquelles je n'ai jamais adhérées.

"Encore des arabes"
"Celle qui s'occupe de moi le week-end a les mains trop noires j'aimerais quelqu'un d'un peu plus blanc"
"La racaille"
"Toujours les mêmes ces vermines"
"Leurs moeurs à la noix"
"J'ai demandé à ne plus avoir la noire parce qu'elle m'a jeté un sort, vous y croyez aux sorts vous ?"

ETC....

Non, vraiment ça me fatigue.

Ce qui me dépite le plus c'est que paradoxalement ces discours proviennent de personnes que j'apprécie beaucoup et assez âgées (pas toutes, ne généralisons pas), hormis ce travers dont ils ne se cachent pas, je les considère et les estime.

Je ne peux pas me mettre en colère, je n'ai pas le droit de manifester de contestations, ni de m'opposer. J'ai juste le droit de diriger la conversation sur un autre versant.

J'ai décidé de la jouer fine afin de taire leurs élucubrations une bonne fois pour toute, en tout cas en ma présence. J'avoue qu'il faut un tantinet d'audace, mais de confiance aussi pour se permettre de faire ce que j'ai fait au risque de compromettre les relations.

- " Est-ce que vous voulez voir mes enfants en photo ?"
- Ah oui, bien sûr, quel âge ont-ils déjà ?
- 17,5 - 10,5 - et 8 ans.
- Je commence par ma fille (qui n'est pas du même papa, mais tout de même portugais !)
- Magnifique !
- Et voici mes deux garçons !
- Ce qu'ils sont beaux ! , le papa est de quelle nationalité ?
- Marocaine !
- Ah oui mais les marocains, c'est pas pareil !

...Bien entendu, si j'avais dit qu'il était d'orgine Ouzbek (clin d'oeil), Algérien, Tunisien, etc,  j'aurais eu exactement la même réaction. Toujours est il que mes enfants ont la peau bien foncée et qu'ils ne me ressemblent absolument pas, nous sommes plutôt contrastés. Je crois que je leur en ai bouché un coin l'air de rien, tout en douceur. Je me découvre fin stratège, mais c'est chiant parce qu'il faut réfléchir longtemps.

Depuis la semaine dernière je n'entends plus rien de négatif au sujet des "arabes" ou des "noirs" et nos relations sont restées identiques. J'espère qu'ils ne vont pas s'attaquer aux asiatiques, parce que même si j'ai fait dans l'international, j'ai rien sous la main pour les scotcher.

Racisme ou ignorance et peur de l'inconnu ?


Mardi 4 décembre 2007
- Publié dans : Les inclassables - Voir les commentaires
Par Blanche-neige - Ecrire un commentaire - Recommander


Après avoir écumé plusieurs forums, parfois en y étant membre moi même ou suite  à mes diverses explorations effectuées sur la toile ça et là, j'ai pu constater qu'une nouvelle pathologie à priori contagieuse sévissait.
Un courant "New age" ?

Tout s'amorce tout doucement, sans crier gare, insidieusement. Pas le temps de dire ouf que déjà les premiers symptômes apparaissent.

Cela se décline par étapes de la façon suivante :


La contagion :

- Se refile par le biais d'un ou plusieurs porteurs sains. Il n'y a pas de portrait type si ce n'est une façon très particulière dans l'approche et une certaine aisance scripturale. Leur fourberie est travestie par des artifices de faux altruisme. Le tout c'est de générer un semblant d'empathie pour mieux enrober les plus défaillants et mieux convaincre les plus récalcitrants. En un mot il faut garder l'oeil ouvert (le bon) et l'esprit vif.

Le temps d'incubation :

- La couvaison dure quelques jours, le temps pour cette maladie sournoise de s'infiltrer et de trouver la faille chez le ou les sujets convoités (genre la grosse brèche qui se voit bien).
- Elle atteint surtout les personnes immuno-déprimées, celles en manque d'affect, ou les êtres qui pensent que parce qu'ils sont flattés envers et contre tout seront logiquement appréciés ou aimés. (Les naïfs donc !).
- La contagion débute dès l'incubation, parce qu'à cette phase d'état, le comportement se modifie très nettement et rend les plus inhibés plus détendus et soudainement décomplexés.
- Ce qu'aime cette maladie par dessus tout est : la crédulité.


La phase d'invasion :

A cette phase ci elle est au point culminant de sa vitalité, oserais-je dire que c'est à ce moment précis qu'elle fait le plus de dégâts ... en rognant petit à petit un espace à la base convivial pour le rendre improbe.

- Fièvre d'égocentrisme à environ 60°C par des hypertrophiés du cerveau.
- Eruption de posts "autocongratulesques"
- Ganglions pour ceux qui sont épargnés (devrais-je dire pour les plus sceptiques ?). C'est ce qu'on appelle avoir les glandes (pas qu'on souhaiterait être souffrant mais c'est un peu le cas en constatant l'épidémie).
- Moins vous avez d'anti-corps plus la propagation du virus est favorisée. Voire adoptée.
- La maladie vous fait dire que tout le monde il est beau il est gentil sauf ceux qui n'ont pas été infectés évidemment.


Evolution de la maladie :

Grandissante ! à moins de mettre :

- En quarantaine ceux qui ont été atomisés par ce fléau et qui sans l'ombre d'un remords tendent à exporter à plus grande échelle leurs fichus microbes.

Ou :

- L'exil pour les incorruptibles (si si il y en a !)

Et :

- S'attarder sur le dicton qui dit qu' "Il vaut mieux prévenir que guérir".

Traitement préconisé :

- Antalgique (parce que perso ça me fout un de ces mal de crâne !).
- Désertion du forum en question
- Aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte et si les rapports sont moins consensuels, plus à notre image. (Malheureusement je crois que c'est semblable sur bon nombre de forums) et rester spectateur du déclin.

Et en traitement de fond

-
Faire preuve de créativité et s'exalter sous couvert de mutli-facettes interchangeables sans devoir stagner sous une seule, dans un espace personnel (ex: un blog) via un autre forum avec des personnes en adéquation avec notre personnalité. (Ce qui ne sous entend pas qu'il faille que les personnalités soient les mêmes).

- Rentrer dans le lard de ceux que nous considérons comme les protagonistes d'un sapage conscient d'un travail d'investissement important, dans le lieu où tout roulait plutôt bien avant qu'ils n'interviennent. (C'est un peu long, je ne savais plus où mettre les virgules !).

D'après vous le Bisounoursisme est il comme je le pense, un tue forum au même titre que peuvent être les chaussettes ou le pyjama tuent l'amour quand on va se pieuter ?

Jeudi 29 novembre 2007
- Publié dans : Les inclassables - Voir les commentaires
Par Blanche-neige - Ecrire un commentaire - Recommander


Voici Paulette.

Dame atteinte de la maladie d'Alzheimer.  Je tenais à vous la présenter, car elle demeure incontournable  dans mon début de parcours professionnel.

J'ai effectué mon rapport de stage en me servant de son histoire et j'ai soutenu cette étude de cas devant le jury à la D.R.A.S.S.

Paulette a maintenant 94 ans et ne fêtera certainement pas ses 70 ans de mariage l'année prochaine.

Avec ce rapport écrit j'ai voulu rendre hommage à ce couple qui m'avait véritablement touchée.
J'ai vécu à ses côtés journellement pendant 3 mois, ponctuellement à raison de trois interventions par jour.

J'avais été stupéfaite de prime abord par l'esseulement de ce couple si attendrissant : pas d'enfants, pas de famille, pas d'amis. Ils vivent un peu reclus dans une petite maison ex-centrée après avoir passé leur vie à parsemer leur humanité au profit de tous ceux qu'ils ont croisés.

Quand j'ai rencontré Paulette, elle marchait (avec de l'aide), prenait tous les repas que son mari lui préparait, souriait, communiquait, savait encore lire (oui ! c'est possible). Elle subissait une hyperactivité inhérente à la maladie, parlait un langage propre à elle, ne connaissait plus l'utilité des objets, sans compter tout ce que Alzheimer peut engendrer médicalement parlant comme complications collatérales. Je vous passe les détails.

J. son mari 95 ans maintenant, a toujours très nettement refusé le placement en institut.
Je parle d'un couple fusionnel, d'une combinaison de deux êtres indesctructible. Il n'était pas rare que J. pleure quand sa femme s'opposait au repas.. Il avait cette phrase d'une irréalité désappointante : "Paulette, sois raisonnable"... en lui tapotant la joue comme si par magie elle allait déglutir plus rapidement.
Ils ne sont qu'un, se suffisent à eux mêmes, se comprennent, sont impliqués dans une spirale qui n'entraîne personne ni rien d'autre qu'eux et leur dévotion partagée.

Si l'un meurt, l'autre suivra. Il est en fait extrèmement complexe de décrire ce que j'ai vu et vécu, en leur compagnie. Il faut constater, ressentir, observer, échanger.
Il nous arrivait de sourire, son mari et moi lorsque Paulette répondait à la télévision ou à son propre reflet dans la vitre d'une porte ou de répondre à mes questions par des incohérences presque drolesques.

J'ai investi leur connivence. Je craignais de ne pas être intégrée, ce ne fut pas le cas.

Il y a trois semaines j'ai été mandatée pour retourner chez eux. Ravie de les revoir, presque pressée d'aller travailler, enfin j'arrive, le sourire au coin des lèvres, légère, remontée à bloc. Je pénètre la maison sans frapper, je pose mon sac sur la table de salle, jette ma veste sur la chaise et je me dirige dans la chambre. Enjouée, je préviens que je suis là.
Et là le couperet tombe.
Je vois J. assis sur le canapé la tête masquée de ses mains, son visage se relève péniblement, les yeux larmoyants..."Bonjour ma petite"... Je ne me suis pas plus inquiétée que ça bien que j'aie trouvé suspect que Paulette dorme à cette heure ici. J'avais l'habitude de voir J. triste et torturé par le sort de sa femme. Il me serre la main et ne se lève pas.
Je commence à m'interroger, je lui demande ce qu'il se passe ..."Je vais la perdre ma petite, ça y est...".
Je me resaisis en me disant que j'avais dû faire abstraction d'un signe évident en arrivant, un signe qui aurait dû m'alerter de ce qu'il se passait. Je scrute la chambre et enfin je comprends : Paulette est perfusée, elle ne se nourrit plus. Mon esprit n'avait rien perçu.

Je remercie J. qui, sans lui, sa femme serait très certainement déjà partie depuis longtemps. Elle lui doit son surcis et lui le sien. Sans cette ferveur et grandeur d'âme dont il a exhalé ma conscience j'aurais mis plus de temps à me dire que des êtres de cette trempe existent bel et bien. Même si j'étais persuadée que je ne faisais pas que l'imaginer.
Leur histoire est indicible.  Aucun mot ne saurait traduire l'ineffable. 
Rien ne peut anéantir la dimension impalpable qu'ils ont érigée et qui les protège tant que l'un gardera assez d'energie pour insuffler la vie à l'autre.

La mort rôde autour de Paulette comme un prédateur sur sa proie. Elle attend patiemment. J'espère ne pas être présente quand elle l'enveloppera de son imperméabilité à la vie.

Edit : Paulette est décédée le 6 janvier 2008.



Dimanche 25 novembre 2007
- Publié dans : En sursis - Voir les commentaires
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