Bon déjà que les choses soient claires, si il y a bien un mot que j'abhorre
c'est celui ci de toute évidence.
Pour moi le mot "race" n'est approprié que pour les clébards.
Au niveau déontologique, dans ma fonction, je n'ai pas le droit de porter un jugement au niveau religieux, des coutumes et traditions, politique, ou d'émettre des réticences quant à la nationalité ou la couleur de mes bénéficiaires, au niveau de l'éthique nous avons été formatées. En clair je n'ai presque pas le droit d'en parler. Jusque là rien d'illogique ou de déraisonnable.
Mais pourquoi à l'inverse il est stipulé nulle part que nous, professionnelles, n'avons pas à subir la haine de la couleur, l'excécration des nationalités diverses, et la répugnance des autres modes de vie qui font partie de notre pays ou d'ailleurs de la part des bénéficiaires ?
Je sature des petites réflexions jetées ça et là au coeur des conversations qui à la base pourraient être fructueuses (les conversations), qui finissent par me couper la chique (les petites réflexions) en moins de temps qu'il ne faut pour le dire sans avoir le droit de m'exprimer. La frustration, perso, je ne cours pas après. Je suis complètement dépassée.
Que les gens pensent blanc ou noir (...), je respecte leurs points de vue, leurs certitudes, leur positionnement ou leurs convictions, mais je ne vois pas pourquoi ni au nom de quoi je devrais endurer leurs propos totalitaires qu'ils affichent presque en s'imaginant qu'ils ont mon aval. Parce que pour moi, qui ne dit rien consent et comme je dis rien, je ne voudrais pas qu'ils croient qu'ils ont mon approbation. Respecter la déontologie et tout ce que ça implique ne me fait pas me prosterner devant des insinuations odieuses auxquelles je n'ai jamais adhérées.
"Encore des arabes"
"Celle qui s'occupe de moi le week-end a les mains trop noires j'aimerais quelqu'un d'un peu plus blanc"
"La racaille"
"Toujours les mêmes ces vermines"
"Leurs moeurs à la noix"
"J'ai demandé à ne plus avoir la noire parce qu'elle m'a jeté un sort, vous y croyez aux sorts vous ?"
ETC....
Non, vraiment ça me fatigue.
Ce qui me dépite le plus c'est que paradoxalement ces discours proviennent de personnes que j'apprécie beaucoup et assez âgées (pas toutes, ne généralisons pas), hormis ce travers dont ils ne se cachent pas, je les considère et les estime.
Je ne peux pas me mettre en colère, je n'ai pas le droit de manifester de contestations, ni de m'opposer. J'ai juste le droit de diriger la conversation sur un autre versant.
J'ai décidé de la jouer fine afin de taire leurs élucubrations une bonne fois pour toute, en tout cas en ma présence. J'avoue qu'il faut un tantinet d'audace, mais de confiance aussi pour se permettre de faire ce que j'ai fait au risque de compromettre les relations.
- " Est-ce que vous voulez voir mes enfants en photo ?"
- Ah oui, bien sûr, quel âge ont-ils déjà ?
- 17,5 - 10,5 - et 8 ans.
- Je commence par ma fille (qui n'est pas du même papa, mais tout de même portugais !)
- Magnifique !
- Et voici mes deux garçons !
- Ce qu'ils sont beaux ! , le papa est de quelle nationalité ?
- Marocaine !
- Ah oui mais les marocains, c'est pas pareil !
...Bien entendu, si j'avais dit qu'il était d'orgine Ouzbek (clin d'oeil), Algérien, Tunisien, etc, j'aurais eu exactement la même réaction. Toujours est il que mes enfants ont la peau bien foncée et qu'ils ne me ressemblent absolument pas, nous sommes plutôt contrastés. Je crois que je leur en ai bouché un coin l'air de rien, tout en douceur. Je me découvre fin stratège, mais c'est chiant parce qu'il faut réfléchir longtemps.
Depuis la semaine dernière je n'entends plus rien de négatif au sujet des "arabes" ou des "noirs" et nos relations sont restées identiques. J'espère qu'ils ne vont pas s'attaquer aux asiatiques, parce que même si j'ai fait dans l'international, j'ai rien sous la main pour les scotcher.
Racisme ou ignorance et peur de l'inconnu ?
Pour moi le mot "race" n'est approprié que pour les clébards.
Au niveau déontologique, dans ma fonction, je n'ai pas le droit de porter un jugement au niveau religieux, des coutumes et traditions, politique, ou d'émettre des réticences quant à la nationalité ou la couleur de mes bénéficiaires, au niveau de l'éthique nous avons été formatées. En clair je n'ai presque pas le droit d'en parler. Jusque là rien d'illogique ou de déraisonnable.
Mais pourquoi à l'inverse il est stipulé nulle part que nous, professionnelles, n'avons pas à subir la haine de la couleur, l'excécration des nationalités diverses, et la répugnance des autres modes de vie qui font partie de notre pays ou d'ailleurs de la part des bénéficiaires ?
Je sature des petites réflexions jetées ça et là au coeur des conversations qui à la base pourraient être fructueuses (les conversations), qui finissent par me couper la chique (les petites réflexions) en moins de temps qu'il ne faut pour le dire sans avoir le droit de m'exprimer. La frustration, perso, je ne cours pas après. Je suis complètement dépassée.
Que les gens pensent blanc ou noir (...), je respecte leurs points de vue, leurs certitudes, leur positionnement ou leurs convictions, mais je ne vois pas pourquoi ni au nom de quoi je devrais endurer leurs propos totalitaires qu'ils affichent presque en s'imaginant qu'ils ont mon aval. Parce que pour moi, qui ne dit rien consent et comme je dis rien, je ne voudrais pas qu'ils croient qu'ils ont mon approbation. Respecter la déontologie et tout ce que ça implique ne me fait pas me prosterner devant des insinuations odieuses auxquelles je n'ai jamais adhérées.
"Encore des arabes"
"Celle qui s'occupe de moi le week-end a les mains trop noires j'aimerais quelqu'un d'un peu plus blanc"
"La racaille"
"Toujours les mêmes ces vermines"
"Leurs moeurs à la noix"
"J'ai demandé à ne plus avoir la noire parce qu'elle m'a jeté un sort, vous y croyez aux sorts vous ?"
ETC....
Non, vraiment ça me fatigue.
Ce qui me dépite le plus c'est que paradoxalement ces discours proviennent de personnes que j'apprécie beaucoup et assez âgées (pas toutes, ne généralisons pas), hormis ce travers dont ils ne se cachent pas, je les considère et les estime.
Je ne peux pas me mettre en colère, je n'ai pas le droit de manifester de contestations, ni de m'opposer. J'ai juste le droit de diriger la conversation sur un autre versant.
J'ai décidé de la jouer fine afin de taire leurs élucubrations une bonne fois pour toute, en tout cas en ma présence. J'avoue qu'il faut un tantinet d'audace, mais de confiance aussi pour se permettre de faire ce que j'ai fait au risque de compromettre les relations.
- " Est-ce que vous voulez voir mes enfants en photo ?"
- Ah oui, bien sûr, quel âge ont-ils déjà ?
- 17,5 - 10,5 - et 8 ans.
- Je commence par ma fille (qui n'est pas du même papa, mais tout de même portugais !)
- Magnifique !
- Et voici mes deux garçons !
- Ce qu'ils sont beaux ! , le papa est de quelle nationalité ?
- Marocaine !
- Ah oui mais les marocains, c'est pas pareil !
...Bien entendu, si j'avais dit qu'il était d'orgine Ouzbek (clin d'oeil), Algérien, Tunisien, etc, j'aurais eu exactement la même réaction. Toujours est il que mes enfants ont la peau bien foncée et qu'ils ne me ressemblent absolument pas, nous sommes plutôt contrastés. Je crois que je leur en ai bouché un coin l'air de rien, tout en douceur. Je me découvre fin stratège, mais c'est chiant parce qu'il faut réfléchir longtemps.
Depuis la semaine dernière je n'entends plus rien de négatif au sujet des "arabes" ou des "noirs" et nos relations sont restées identiques. J'espère qu'ils ne vont pas s'attaquer aux asiatiques, parce que même si j'ai fait dans l'international, j'ai rien sous la main pour les scotcher.
Racisme ou ignorance et peur de l'inconnu ?
Mardi 4 décembre 2007
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Publié dans : Les inclassables
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Par Blanche-neige - Ecrire un commentaire - Recommander


Keskizondi ?