"Je est un autre" disait Rimbaud...
Se taire quand les mots grondent aux portes de mes lèvres.
Palabrer en
sachant que mes pensées n'arriveront pas à bon port.
Sourire quand je est au bord de
l'écoeurement.
Atténuer mes rages pour que tu jubiles de tes intempérances.
Tolérer de repousser mes limites alors que je est déjà éjecté dans ses
retranchements.
Faire preuve de clémence en supportant tes invectives et provocations incessantes imméritées.
Aimer tout en abhorrant, être attirée dans la répulsion !
Avancer d'un pas en sachant qu'il ne faudra que quelques secondes seulement pour reculer de trois.
Posséder une lucidité cauchemardesque sur l'improbabilité d'une histoire, et en espérer une utopie.
Faire en sorte d'être naturelle dans ta normalité, alors que je ne peut
l'être
que dans un contraste de tons qui ne peut que jurer avec tes propres couleurs.
Essayer de décanter l'admissible dans une fusion d'attitudes de prime à bord inacceptables.
Chercher un écho dans un trop plein de broutilles qui t'enfièvre.
M'effacer pour que tu brilles de mille feux, alors que la révolte me consume.
Contourner les conflits, les éviter et les contrôler par des silences presque inquiétants... en te faisant croire que la gloire d'une fausse
réconciliation te revient.
T'épargner de la hargne indomptable dont je peut te
pourfendre.
M'intéresser et absorber ton monde. Un monde exigu, défini, cloisonné, alors que je en a plusieurs, indéfinis,
illimités, en mouvance perpétuelle, grandissants.
Je ne m'incline pas devant un despotisme avéré, une course au pouvoir ou une volonté manifeste de main mise.
Je n'oublie rien. Tout est emmuré dans ma mémoire, sans faille.
Je ne suis pas l'autre.
Je suis libre, insaisissable et insurgée. L'autre n'est qu'une indigne facette,
la seule que tu aies pu tolérer ou confronter à tes petits critères compressés si bien ancrés. Toucher la seule partie visible de l'iceberg, et ne pas se frotter à celle qui est la plus
dangereuse, est plus facile que d'être face à ta propre incapacité à cerner ce qui ne peut pas être quantifié, visualisé ou matérialisé. Cela demanderait des remises en question trop
conséquentes, voire impossibles.
Maîtriser celui qui croit contrôler, n'est-ce pas la pire configuration pour quelqu'un dont l'anticipation est le maître mot de toute une vie
?
Lâcher prise avec une capacité foudroyante à dédaigner au moment où l'autre est prêt à exulter, fardé de domination, n'est-ce pas une formidable acuité
de l'esprit à rejeter ce qui peut lui être nuisible ? une adresse inexplicable d'un mental déjà éprouvé ?
Vouloir dominer n'est-ce pas, parfois, déjà offrir le pouvoir sur un plateau d'argent à
l'autre ? N'est-ce pas montrer l'immensité de sa lâcheté ? et finalement sa plus grande impuissance ou fragilité ?
C'est par ce biais que je peux le mieux investir tes failles et me dire au regard de celles-ci, que le gouffre est trop évasé et ma rive, par ce constat, inabordable.
C'est par ce biais que je peux le mieux investir tes failles et me dire au regard de celles-ci, que le gouffre est trop évasé et ma rive, par ce constat, inabordable.
Vendredi 25 décembre 2009
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25
/12
/2009
01:46
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Publié dans : En sursis
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Par Blanche-neige - Ecrire un commentaire - Recommander


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