Je vais chez le coiffeur environ tous les deux ans et demi depuis 10 ans. Mes cheveux ont une histoire. L'heure est à la confession.
[Il y a 10 ans]
A force de lubies toutes plus débiles les unes des autres, il y a une dizaine d'années
j'avais décidé de me teindre les cheveux (longueur mi dos) couleur myrtille. Produit acheté en grande surface. Et manifestement c'est de la merde.
Quand j'ai vu le résultat et après m'être demandé qui était cette immonde créature qui reflétait dans mon
miroir et surtout après avoir émis l'hypothèse que ça pouvait être moi ... je n'ai rien trouvé de mieux que de m'obstiner.
J'ai été en proie à une paralysie momentanée de la conscience. Après réflexion et avec grande stupeur, c'en est
la preuve, et c'est avec abattement que je me le suis d'abord révélé : moi aussi je peux être une abrutie finie.
Donc, je me suis obstinée.
A peine perturbée par ce chaos, je me suis attelée à résoudre ce bordel fissa. Et qui dit fissa dit re-sclérose
hémisphérique neuronale. J'ai le bulbe un peu fatigué de temps à autre.
Par conséquent j'ai enchaîné décolorationS, et teintures en tout genre pour désespérément retrouver ma couleur
naturelle. Tout ça pour revenir au point de départ. Notez l'incontournable logique dont je peux faire preuve.
Après avoir assimilé, et non sans mal, que finalement, je me préfère largement en blond qui somme toute,
est ce que la génétique a décidé de me donner (généralement ce n'est pas pour rien), je me suis dit que seul un professionnel pourrait d'une main de maître rattraper ce jaune orangé pissoux qui
m'a coûté pas loin de 500 francs à l'époque (ce qui, approximativement, équivaut à 10 boîtes de teintures).
J'explique à la coiffeuse comment je suis parvenue à une telle oeuvre d'art, et que si elle ne m'arrangeait pas
ça illico presto, j'allais par sa faute, tomber dans une grande dépression. Devant mon incommensurable désarroi elle me propose des mèches blondes qui d'après ses dires allaient atténuer ce joli
ambré de mon crâne.
Au bout de 10 minutes, sentant l'ammoniaque à plein nez, ça commençait à me chauffer sévère. Elle vérifie et me
dit discrétement qu'il vaut mieux attendre encore un peu. Je la crois.
Elle me vire ses papiers allu, me rince la tête, et me démêle les cheveux. Grâce aux grand miroirs disposés
sous tous les angles, j'étais aux premières loges pour m'effondrer en toute indécence quand j'ai vu les dites mèches s'accumuler sur le peigne de la coiffeuse et se détacher de mon cuir
chevelu.
Du trajet coiffeur/chez moi, mes cheveux ont littéralement crâmé et ma tête aussi. J'ai été brûlée au deuxième
degré sur certaines surfaces et à d'autres au troisième en me traînant une odeur empyreumatique pendant quelques jours.
J'ai dû me raser en totalité (pas la peine de garder des cheveux souvenirs), le crâne mis à nu pour me
soigner.
Depuis lors, j'ai juré sur la tête de mes enfants que si mes cheveux repoussaient aux endroits carbonisés (au
sommet du crâne essentiellement) :
- Je ne couperais ni ne teindrais jamais plus mes
cheveux
Après mes soins, mes camouflages avec foulards divers, que mon entourage éloigné (parents d'école, copines )
ait pu s'imaginer que j'avais un cancer quelconque sans oser me le demander, et surtout après quelques semaines, ma toison s'est reconstituée. ALLEUIAHHHHHHHHHHHHHH !
Voilà pourquoi si longs ! je n'ai qu'une parole.
[Dix ans plus tard]
Mais ! avoir les cheveux longs, ondulés et épais c'est une activité à temps plein :
- Prévoir un certain budget shampooing ET après shampooing.
- Obligatoirement les chignonner pendant mes heures de taf. La natte est à bannir, j'ai testé, elle a atterri
sur le sexe d'une femme que je lavais.
- Les rabattre sur le côté pendant la pissette quotidienne et alors prenez note de ne jamais les oublier quand
vous êtes sur le trône en proie à une gastro.
- Les attacher quand je suis confortablement assise sur le canapé et entourée de mouflets hyperactifs. Parce
que les pieds sur les cheveux, non seulement ça vous bloque toute motricité des cervicales, mais en plus ça fait mal.
- Proscrire les brushings. Oui, je n'ai pas tout le temps deux heures à perdre ni la
patience.
- Intégrer que ça attire les petites filles de 6 à 12 ans. Chouettteeeeeeeeeeee une vraie tête à coiffer !. Et
beaucoup de noeuds en perspective.
- Aller chez le coiffeur les cheveux barrettés au maxi pour ne pas montrer la longueur immédiatement, ça peut
choquer. Sinon, souvent ils n'ont pas le temps. Autrement dit ils ne sont pas hyper friands des démêlages de tifs d'une longueur excédent 20 centimètres.
Et bien avoir à l'idée que forcément, pour un coiffeur, vous avez toujours les cheveux abîmés au moins jusqu'a
hauteur du cou.
Contrôler que le coiffeur a bien appris le concept de coupage de pointes, et pas que celui de la coupe au
carré.
- Faire attention pendant l'habillage, y a toujours des mèches qui restent coincées dans la culotte ou le futal
ou qui s'enroulent dans les boutons de chemise, de blouson et j'en passe.
- Trouver un stratagème pour que celui qui dort avec moi ne se réveille pas la bouche
"empoilée".
- Investir dans un lisseur en céramique qui sèche en silmutané, qui coûte la peau du cul si je veux garder
l'espoir de me raidir les tifs en un temps record. Ce que j'ai fait. Et ça marche !
Sinon, dans les trucs positifs :
- C'est beau.
Tout ça pour ça. Allez, rendez-vous dans 10 ans !
Keskizondi ?