Il y a des jours où je prie. Où je suinte de
désirs sourds et "expire" de soupirs muets. Des jours où je veux faire danser mes aveux sans détour sur la Sonate de Menuet.
Il y
a des jours où les kyrielles de notes qui s'évadent de nulle part, sont violentes. Des jours où elles accompagnent mes litanies et mes vides.
Il y a des jours où elles sont couleur ébène et douloureuses. Où le diable me
les chante en Cantilène et me nargue de ses vulgaires bravades.
Il y a des jours où jouter avec lui m'enclave dans l'abîme de ses balivernes.
Où je censure ses couplets par des interludes d'innocence en refusant ses aubades.
Il y a des jours où elles mettent ma vie en scène, en mélodrame. Où elles
m'exhibent sous des mots obscènes. Des jours où je les laisse me malmener.
Il y a des jours où je cherche les rythmes d'une harmonie en laissant parfois
le destin jouer de son ironie. Où je déroule la partition, éplorée.
Il y a des jours où elles me fredonnent une histoire qui me stigmatise avec
une musicalité qui m'attise et me courtise. Des jours où elle m'hypnotise.
Il y a des jours où je tangue dans un autre monde, où le temps ne s'estime
qu'en secondes. Des jours où j'abandonne ces rengaines, pour des accords de guitare insensés.
Il y a des jours où je les entends en acoustique, mon accoutumance. Où je
tremble sur leurs promesses comme de riches présages qui frôlent finement mon visage de leurs caresses .
Il y a des jours où je débite un langage à mon image. Des conjugaisons qui me
soulagent. Des jours de déshabillage pudique sur des pages immaculées.
Le déclin.
Il y a des nuits où les notes défilent, je frissonne, furtives, elles
m'enivrent et me captivent, consécutives. Des jours où fugitives, je les capture pour une symphonie exhaustive.
Il y a des nuits où tout s'enchaîne et se presse, où elles sont enjôleuses. Où
elles m'enrichissent d'échos passants.
Il y a des nuits où elles se déversent comme une pluie torrentielle, où elles
réveillent mes rêves les plus incertains, où sans controverse se dispersent, et jettent leur dévolu.
Il y a des nuits où leur magie m'ensorcèle. Des jours d'évasion intemporelle
dans ma tourelle où je leur reste fidèle .
Il y a des nuits où elle me font grâce de cavatines douce et satines, elles
trottinent ça et là et s'obstinent, où elles se gravent avec audace.
Il y a des nuits où l'oeuvre s'écluse, je l'excuse, car par ses faveurs, je
peux poser ici dans l'impromptu ce qu'elle m'inspire, et à jamais resonder ses vertus.
La vie.
Mercredi 16 décembre 2009
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16
/12
/2009
22:01
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Publié dans : Eclaboussures passionnées
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Par Blanche-neige - Ecrire un commentaire - Recommander


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